26/09/22

Philippe Estingoy, directeur général de l’Agence Qualité Construction : « La Journée de l’Eco-Bâtiment, l’événement idéal pour fêter nos 40 ans dans la région ! »

A l’occasion de la 6e édition de la Journée de l’Eco-Bâtiment qui aura lieu le 18 octobre à l’Hôtel de Région de Lyon, l’AQC (Agence Qualité Construction) célèbrera son 40e anniversaire. Ce partenaire de longue date du cluster Eco-bâtiment fait partie des acteurs clés de la filière. Il accompagne le secteur de la construction en travaillant sur la prévention des désordres et l’amélioration de la qualité de la construction.

A Lyon, Philippe Estingoy, directeur général de l’AQC, tenait à célébrer les 40 ans de l’agence dans le cadre de cette rencontre placée sous le signe de l’innovation et des initiatives régionales.

 

L’AQC a 40 ans cette année, que représente pour vous cet anniversaire ?

Philippe Estingoy : C’est l’occasion pour nous de valoriser nos expériences, de mettre en exergue notre évolution. C’est aussi l’occasion de rappeler que, depuis l’origine de l’AQC, nos enjeux n’ont pas changé : prévention des désordres et amélioration de la qualité de la construction. Ce sont nos seuls objectifs. Depuis 40 ans, nous avons développé des démarches permettant d’avancer de plus en plus autour de l’anticipation des désordres et autour d’actions qui participent à rendre les bâtiments plus fiables et performants. Nous sommes d’intérêt général puisque nous sommes très tournés vers le collectif.

 

« Accompagner l’innovation dans les meilleures conditions »

 

Quelles sont les actions que vous menez au quotidien ?

Philippe Estingoy : Pour pouvoir faire de la prévention, c’est d’abord de l’observation. C’est d’ailleurs notre pratique la plus ancienne. Nous avons un outil, Sycodes, pour Système de Collecte des Désordres, qui nous permet d’analyser l’évolution des désordres qui relèvent de la garantie décennale. Il y a quelques jours, lors d’une conférence de presse, j’ai ainsi eu l’occasion de présenter cette plateforme qui donnera la possibilité aux professionnels de faire des analyses spécifiques d’évolution de sinistralité sur les différentes familles d’ouvrages, dans le temps, et aussi par régions. Nous partons du principe que, dès lors qu’on est capable d’observer les difficultés, cela aide à les prévenir.

 

Justement sur le volet prévention, vous êtes également très actifs…

Philippe Estingoy : Oui, au-delà de l’observation, nous faisons de la prévention sur les produits, sur les techniques de construction. Nous nous appuyons sur l’ensemble des informations que nous avons pu collectées pour identifier de potentielles difficultés sur tel ou tel produit. Cela aide à accompagner l’innovation dans les meilleures conditions. Pour la prévention construction, nous pouvons identifier des difficultés récurrentes, sur telle élément technique, tel usage ou tel compréhension de réglementation ou de norme.

Nous travaillons aussi sur différents programmes comme RAGE pour Règle de l’Art Grenelle de l’Environnement, PROFEEL, PROFEEL 2 ou encore le plan FEEBAT. Ce sont de grands programmes avec des financements spécifiques. Nous sommes organisés pour pouvoir les piloter, en concevoir le contenu et faire intervenir des partenaires.

 

« L’objectif est de bien faire passer les messages aux personnes formées pour qu’elles puissent monter en compétence »

 

Vous produisez beaucoup de contenus pour accompagner les acteurs de la construction. Avez-vous l’impression qu’ils s’en saisissent et que cela leur permet de monter en compétence ?

Philippe Estingoy : Nous en sommes convaincus, sinon nous ne serions plus là ! Il y a aussi des acteurs qui nous financent et qui sont convaincus de l’intérêt de nos apports. Quelques éléments sont très significatifs. Nous pouvons citer l’exemple des fondations superficielles, première cause de désordre au début des années 2000. Sur ce sujet, nous avons mené une action prosélyte très forte pour expliquer qu’il était indispensable de faire des études de sol pour bien dimensionner ces fondations superficielles. Nous avons donné des outils aux artisans-maçons pour convaincre les donneurs d’ordre de cette nécessité. Et nous avons vu la courbe de désordre s’infléchir si bien qu’aujourd’hui ce n’est notoirement plus le désordre le plus fréquent.

Nous avons aussi fait ce type de constat sur les problèmes de panneaux photovoltaïques. Ce qui était fait à la fin des années 2000, début des années 2010, a généré une sinistralité colossale. Et depuis 5 ans, nous avons réalisé un gros travail avec les entreprises, les industriels. Cela n’a pas toujours été simple mais nous avons aujourd’hui beaucoup moins d’inquiétude quant aux désordres potentiels. Nous avons réussi à faire bouger la réglementation et nous voyons au quotidien que nos productions sont utilisées : fiches pathologies, plaquettes techniques… Les artisans ont tous la volonté de bien faire et lorsqu’on leur donne des outils, ils les utilisent et progressent manifestement.

 

Avec les nouvelles réglementations qui favorisent les bâtiments performants, la question de la qualité de la mise en œuvre est plus que jamais centrale. Comment travaillez-vous à la montée en compétence des acteurs ?

Philippe Estingoy : Effectivement, la pédagogie est essentielle. Par rapport à l’évolution des objectifs de la réglementation thermique et maintenant environnementale avec la RE 2020, il y a beaucoup de remises en cause sur les façons de faire. Par rapport à cela, nous avons produit de nombreux documents pour lesquels la question de la diffusion s’est posée. Certains documents sont parfois un peu lourds. C’est pourquoi, il y a aussi des calepins de chantier qui permettent d’avoir une approche plus simple. Il existe aussi des vidéos qui permettent de délivrer des messages très pédagogiques. Nous avons un grand souci du partage des connaissances. Tous ces documents sont aussi utilisés au cours des formations. Ils sont produits dans le cadre de grands programmes comme le FEEBAT par exemple. Ils sont mis à la disposition des formateurs  comme outils de référence. L’objectif est de bien faire passer les messages aux personnes formées pour qu’elles puissent monter en compétences.

 

« Un lien très étroit avec le cluster Eco-Bâtiment fait qu’au niveau local, il y a un écosystème qui fonctionne bien avec une multitude d’actions en commun »


Dans votre pratique, quel est le rôle des retours d’expérience ?

Philippe Estingoy : Les retours d’expérience occupent une place très importante. C’est une démarche que nous avons initiée il y a maintenant 15 ans. Nous avons donc énormément d’informations. L’idée que nous avions à l’origine était de faire évoluer la réglementation. Mais pour anticiper les difficultés liées à cette réglementation, nous devions regarder les professionnels qui avaient déjà anticipé ces changements. Nous sommes donc allés voir les difficultés que ces personnes rencontraient. Nous avons développé toute une méthodologie autour de cette démarche et avons formé nos enquêteurs. Ensuite, avec des experts, nous avons pu identifier les bonnes pratiques. Et ces pratiques, nous les avons valorisées à travers des vidéos, des rapports, des photos. Ce sont des outils d’aide aux pédagogues pour monter des formations et partager les expériences.  C’est en partageant les expériences que l’on grandit collectivement.

 

Le 18 octobre, lors de la Journée de l’Eco-Bâtiment organisée à l’Hôtel de Région de Lyon, vous célébrerez les 40 ans de l’AQC. Pourquoi ce choix ?

Philippe Estingoy : Pour les 40 ans de notre agence, je souhaitais faire plusieurs petits événements plutôt qu’un grand raout parisien qui ne nous ressemble pas. L’idée était donc d’investir plusieurs lieux, plusieurs rendez-vous là où nous avons des délégués régionaux. A Lyon, de façon très intéressante, avec Sylvain Mangili, Délégué Régional de l’AQC, nous nous sommes dit que nous avions un partenaire historique, le Cluster, qui organisait sa Journée de l’Eco-Bâtiment. C’était important pour nous de s’y associer et nous sommes très contents que cela puisse réaliser !

 

Quel est le lien qui unie l’AQC et le Cluster Eco-Bâtiment ?

Philippe Estingoy : Il est très étroit et fait qu’au niveau local, il y a un écosystème qui fonctionne bien avec une multitude d’actions en commun : projets, rencontres, salons… qui participent au développement des bonnes pratiques dans une région déjà très dynamique. Ce lien va donc encore se matérialiser à l’occasion de cette Journée de l’Eco-Bâtiment qui est l’endroit idéal pour pouvoir parler de notre anniversaire avec l’ensemble des acteurs régionaux. Je ferai d’ailleurs une intervention pour remettre en perspective ce que nous avons fait ces 40 dernières années et ce que l’on va pouvoir faire dans les années futures. Je parlerai évidemment des enjeux autour des matériaux biosourcés, de l’économie circulaire et de l’implication que l’on devra avoir pour permettre des innovations. En associant Philippe Pelletier, Président du Plan Bâtiment Durable et Marie-Soriya Ao, Déléguée Générale du cluster Eco-Bâtiment, cela va être très intéressant !

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