08/06/20

[ Nouvel adhérent ] 3 questions à Bobi Réemploi

Nous avons le plaisir d’accueillir Bobi Réemploi au sein du réseau Cluster Eco-Bâtiment ! Cette société d’ingénierie et de conseil en réemploi de matériaux de BTP accompagne les maîtrises d’ouvrage et d’œuvre afin de réduire les déchets de chantiers et proposer des débouchés pour le réemploi des matériaux : des pratiques indispensables pour décarboner le secteur de la construction. Nous avons posé 3 questions à la dirigeante, Sophie Lambert.

 

Qui êtes-vous ?

Sophie Lambert, diplômée en 2015 en tant qu’ingénieure bâtiment durable à l’École Centrale Lyon, j’ai d’abord travaillé dans un bureau d’étude bâtiment durable, Franck Boutté Consultant, où je faisais des missions d’AMO HQE. L’aspect terrain me manquait, j’ai donc rejoint les équipes d’Eiffage Construction en tant que conductrice de travaux sur le projet du Grand Hôtel Dieu à Lyon pendant 3 ans. J’ai suivi les travaux des lots architecturaux sur quatre bâtiments, de A à Z. Une expérience très intéressante et formatrice d’un point de vue technique, mais ça a aussi été le déclic pour me lancer dans l’entrepreneuriat. J’ai été marquée pendant cette expérience par le gaspillage de matériaux sur les chantiers : on jette énormément de matériaux neufs ou en très bon état, faute de connaissance de débouchés et de temps.

C’est ainsi que j’ai eu l’idée de créer Bobi Réemploi, entreprise spécialisée dans le réemploi des matériaux de construction. Bobi Réemploi vient sur le chantier identifier les matériaux à réemployer, recherche les filières de réemploi, organise la logistique de la récupération des matériaux et est présent le jour J pour s’assurer que tout se passe comme prévu. Nous avons aussi développé une offre d’ingénierie, comme la réalisation de diagnostics déchets et ressources sur les chantiers de démolition par exemple, pour permettre d’anticiper les sujets du réemploi.

Comment fonctionnez-vous ?

La meilleure façon de se mettre au réemploi, c’est de tester sur un cas concret ! Pour démarrer une collaboration avec un nouveau client, Bobi Réemploi vient d’abord visiter le chantier pour avoir une première idée du potentiel de réemploi. En fonction des matériaux identifiés, et du délai avant curage, nous faisons une proposition de mission comprenant l’audit précis du chantier, la recherche de filières de vente ou de dons, l’organisation et le suivi logistique de la collecte et la traçabilité des matériaux. Plus la visite se fait tôt avant le curage (au minimum 1 mois avant le démarrage des travaux), plus les possibilités de réemploi sont importantes. Nous recherchons toujours à minima la neutralité économique de l’opération : l’objectif est que la revente des matériaux et les économies de bennes compensent le coût de notre prestation et celle de la dépose sélective. Nous sommes convaincus que pour massifier la pratique du réemploi, il faut que celle-ci ne représente pas un surcoût pour l’entreprise, et nos premières expériences nous ont montré que c’est possible.

Quels sont les atouts de Bobi Réemploi dans l’éco-bâtiment ?

Près de 60% des émissions de CO2 émises lors du cycle de vie d’un bâtiment sont dues à la phase de travaux ! (Source : OID – 2019) La réduction des déchets de chantiers et la mise en œuvre de matériaux réemployés sont donc deux pratiques indispensables pour décarboner le secteur de la construction.

C’est d’ailleurs la direction que prend la règlementation :

  • Dans la RE 2020 qui prendra en compte l’impact carbone du bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie, le réemploi sera encouragé dans le calcul d’ACV,
  • La loi économie circulaire met aussi en avant le réemploi en transformant le diagnostic déchets avant démolition en diagnostic « produits-matériaux-déchets » et en imposant à la maîtrise d’ouvrage publique d’intégrer des matériaux de réemploi dans leurs projets.

 

Étude de cas : Diagnostic Ressources du Lycée Pierre Brossolette à Villeurbanne

L’une des clés de la réussite d’un projet de réemploi, c’est l’anticipation : plus l’on identifie tôt un gisement, plus on peut le mettre en valeur et lui trouver une seconde vie. C’est tout le sens des diagnostics ressources,
qui permettent de voir les bâtiments démolis comme une « mine urbaine » de matériaux à réemployer.

Nous avons réalisé un diagnostic de ce type sur le lycée Pierre Brossolette à Villeurbanne, qui sera démoli en 2022. Dans ces 14 000 m² de bâtiment, le gisement de matériaux découvert est énorme et représente environ 500 tonnes :

  • Des matériaux inertes comme le béton, les enrobés, ou encore de la terre végétale
  • 450 radiateurs en fonte,
  • 500 m² de parquet en chêne massif, pour lequel nous avons réalisé un test de dépose afin de confirmer la faisabilité de son réemploi,
  • Environ 12 m3 de bois à débiter à partir des arbres présents sur le terrain,
  • Divers éléments de bois et métal, comme des pannes, des lambourdes, des garde-corps, ….
  • Du mobilier scolaire, sportif ou encore de cuisine.

Le maître d’ouvrage, la SERL, a lancé un appel d’offre d’AMO Réemploi sur la ZAC afin de continuer la démarche, et notamment d’essayer de réemployer le maximum de ces gisements dans les aménagements urbains de la ZAC et les futurs projets immobiliers. Affaire à suivre !

 

Galerie photos : Diagnostic du lycée Brossolette

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