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Direction la Loire pour faire un zoom sur la filière chanvre avec la visite d’une chanvrière, puis d’un lieu de production projectant de réaliser des blocs de chanvre. 

L’objectif de l’événement était de faire découvrir à un public multimétier (acteurs de la construction et de l’aménagement durable) la filière construction chanvre, depuis la culture de la matière première à sa transformation en produits destinés à la construction.

Cette visite a été coorganisée par le cluster Eco-Bâtiment et Ville & Aménagement Durable, avec AURA Chanvre, en partenariat avec Elodica. Elle s’intègre dans une série de rencontre organisée par le cluster Eco-Bâtiment et Ville & Aménagement Durable, en partenariat avec la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon, dans le but de mettre en valeur le panorama des produits biosourcés et géosourcés en Auvergne-Rhône-Alpes.

Spécificités de la filière chanvre-textile :
La production de la ferme de Nervieux est plutôt dédiée à la filière textile. Cela implique plusieurs choses :

  • la récolte se fait en mode « non battu », pour assurer la qualité du textile : la graine n’est pas récoltée et la plante est entièrement fauchée ;
  • l’étape du rouissage permet de faciliter la séparation de la fibre avec la tige : les plants sont retournés et couchés à l’andaineuse et doivent prendre la pluie puis le soleil et ainsi développer des champignons et micro-organismes (les plants sont généralement retournés à deux reprises et doivent sécher pendant 3 à 6 semaines).

Complémentarités entre la filière chanvre-textile et chanvre-construction, quelles perspectives ?
S’il facilite l’extraction de la fibre, le rouissage impacte la chènevotte co-produite qui devient grise. Cette chènevotte est aujourd’hui exclue des couples granulats-liants validés par Construire en chanvre et ne peut donc pas être utilisée aujourd’hui dans le cadre des règles professionnelles de la construction chanvre. Des évolutions pourraient permettre de valider l’utilisation de chènevotte grise en technique courante, en projection / remplissage. En effet, le cahier des charges de la labélisation de Construire en chanvre est en train d’être revu et devrait intégrer la chènevotte grise à partir de 2028.
A noter que cette chènevotte pourrait être utilisée pour la production de blocs de chanvre préfabriqués, en technique courante, à la condition que le fabricant qui développe le produit fasse valider un avis technique.

Développement de blocs de béton ciment-chanvre :
Le principe est d’intégrer des granulats végétaux (chènevotte) en substitution d’une part de granulats minéraux (sables et graviers).
A ce titre, l’entreprise est intéressée par les actions de développement de la filière chanvre dans la Loire, portées par AURA Chanvre, avec le soutien de Forez Est.
En plus de réduire l’impact carbone, l’avantage de blocs béton de chanvre et d’avoir des produits plus légers et avec une meilleur résistance thermique permettant de réduire les épaisseurs d’isolants requises.

Pour l’industriel, l’enjeu est multiple pour que son produit bloc de béton de chanvre soit viable. Il s’agit de trouver une solution qui :

  • n’implique pas un changement de l’outil de production de blocs préfabriqués (le temps de séchage contraint exclut notamment l’utilisation de chaux à la place du ciment) ;
  • n’implique pas non plus un changement de mise en œuvre pour les entreprises de maçonnerie ;
  • est rentable financièrement, n’impactant pas les coûts de construction au-delà des capacités financières des futurs clients, dans une logique de marché.