Loire (42)
30 juin 2026
Direction la Loire pour faire un zoom sur la filière chanvre avec la visite d’une chanvrière, puis d’un lieu de production projectant de réaliser des blocs de chanvre.
L’objectif de l’événement était de faire découvrir à un public multimétier (acteurs de la construction et de l’aménagement durable) la filière construction chanvre, depuis la culture de la matière première à sa transformation en produits destinés à la construction.
Cette visite a été coorganisée par le cluster Eco-Bâtiment et Ville & Aménagement Durable, avec AURA Chanvre, en partenariat avec Elodica. Elle s’intègre dans une série de rencontre organisée par le cluster Eco-Bâtiment et Ville & Aménagement Durable, en partenariat avec la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon, dans le but de mettre en valeur le panorama des produits biosourcés et géosourcés en Auvergne-Rhône-Alpes.
La parcelle de culture de chanvre de la ferme de Vincent Giraud fait 1,8 ha. La culture de chanvre ne demande pas d’irrigation. Mais cette année les plants n’ont pas atteint la taille habituelle : ce doit être l’effet cumulée d’un froid au semis en avril-mai suivi de fortes chaleurs précoces. La date de la récolte varie selon les variétés. Ici, elle se fait autour du 10 août.
Le chanvre s’intègre bien à des rotations de culture et peut être réimplanté sur une même parcelle tous les 6 ans (à plus ou moins une année). Sa culture permet de structurer les sols et d’étouffer les adventices (« mauvaises herbes »). Ainsi, une culture de blé par exemple, qui fait suite à une culture de chanvre, donnera un meilleur rendement (jusqu’à +10% observé dans d’autres régions).
Autre avantage du chanvre, sa culture permet de capter le carbone atmosphérique à hauteur de 15t de CO2 atm par hectare.
AURA Chanvre se fourni en semences auprès d’ Hemp-it, unique semencier français pour le chanvre, implanté près d’Angers. L’utilisation de semences fermières est exclue puisque la réglementation impose un contrôle stricte du niveau de THC qui doit être inférieur à 0.3%. Le chanvre est sensible à l’azote. Du fumier ou du lisier permet de répondre à ces besoins. Le rendement moyen national est de 5 à 7 tonnes / hectare. Ici il est plutôt compris entre 3.5 et 4 t / ha.
Pour qu’une unité de transformation du chanvre soit rentable, il faut que tous les produits issues de la plante, y compris les poussières, soient utilisés. Il n’y a pas encore de chanvrière implantée dans la région.
AURA Chanvre travaille à structurer la filière notamment via l’installation d’une unité de transformation du chanvre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes qui serait opérationnelle à partir de 2029.
Spécificités de la filière chanvre-textile :
La production de la ferme de Nervieux est plutôt dédiée à la filière textile. Cela implique plusieurs choses :
Complémentarités entre la filière chanvre-textile et chanvre-construction, quelles perspectives ?
S’il facilite l’extraction de la fibre, le rouissage impacte la chènevotte co-produite qui devient grise. Cette chènevotte est aujourd’hui exclue des couples granulats-liants validés par Construire en chanvre et ne peut donc pas être utilisée aujourd’hui dans le cadre des règles professionnelles de la construction chanvre. Des évolutions pourraient permettre de valider l’utilisation de chènevotte grise en technique courante, en projection / remplissage. En effet, le cahier des charges de la labélisation de Construire en chanvre est en train d’être revu et devrait intégrer la chènevotte grise à partir de 2028.
A noter que cette chènevotte pourrait être utilisée pour la production de blocs de chanvre préfabriqués, en technique courante, à la condition que le fabricant qui développe le produit fasse valider un avis technique.
Sagra est une entreprise familiale créée en 1938, et adhérente à la coopérative BigMat depuis 1989. Elle extrait sables et graviers d’une carrière alluvionnaire sur le site de Rivas, au bord de la Loire. Elle produit in situ des éléments en béton : parpaings, poutres, poutrelles, hourdis, etc. Pour cela, l’usine s’approvisionne en ciment auprès de Lafarge et utilise les granulats extraits sur place (sable et graviers concassés en différentes granulométries).
Une centrale à béton permet également de fournir en béton prêt à l’emploi les chantiers.
Un laboratoire permet de réaliser les contrôles qualité sur site. C’est aussi là que se fait la recherche et le développement de solutions innovantes permettant de réduire le poids carbone des éléments produits.
Développement de blocs de béton ciment-chanvre :
Le principe est d’intégrer des granulats végétaux (chènevotte) en substitution d’une part de granulats minéraux (sables et graviers).
A ce titre, l’entreprise est intéressée par les actions de développement de la filière chanvre dans la Loire, portées par AURA Chanvre, avec le soutien de Forez Est.
En plus de réduire l’impact carbone, l’avantage de blocs béton de chanvre et d’avoir des produits plus légers et avec une meilleur résistance thermique permettant de réduire les épaisseurs d’isolants requises.
Pour l’industriel, l’enjeu est multiple pour que son produit bloc de béton de chanvre soit viable. Il s’agit de trouver une solution qui :