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1 juin 2026
En janvier 2026, le Plan Bâtiment Durable (PBD), avec l’appui du Club de l’Amélioration de l’Habitat (CAH), a lancé la concertation nationale « Transformons ensemble le bâti existant à l’horizon 2050 ! ». Portée par plus de trente organisations et structures représentatives de toute la filière : institutionnels, associations et fédérations professionnelles, maîtrise d’œuvre, grands acteurs industriels et majors de la construction durable, cette démarche vise à construire un consensus de place pour inspirer les politiques publiques et nourrir les programmes présidentiels de 2027.
La concertation trouve son origine dans une réflexion engagée dès le printemps 2025 par Philippe Pelletier, Président de la mission Plan Bâtiment Durable. Dans un article publié en avril 2025 il dresse un constat préoccupant, avec plusieurs signaux convergents qui marquent une pause dans un parcours pourtant bien engagé depuis près de vingt ans : tentatives de brider la réglementation environnementale, financement erratique de la rénovation, désengagement progressif de certains acteurs.
Ce diagnostic, loin de verser dans le découragement, conduit à une proposition constructive : plutôt qu’accélérer à tout prix ou changer brutalement de cap, il est temps de remettre l’ouvrage sur le métier et d’adapter la méthode aux lignes de force d’aujourd’hui. La société française s’est largement ouverte à la transition environnementale — souvent en avance sur ses décideurs — mais la machine semble se gripper faute d’un renouvellement des outils et des approches, alors même que les objectifs de la France en termes de stratégie nationale bas carbone et politiques pluriannuelles de l’énergie restent fermement fixés à l’horizon 2050 !
C’est sur la base de six axes d’évolution qu’est lancée en janvier 2026, la nouvelle concertation par le Plan Bâtiment Durable et le Club de l’Amélioration de l’Habitat : donner davantage la main aux collectivités locales ; passer de l’énergie au carbone comme paramètre directeur ; placer l’usage au cœur des politiques du bâti ; contractualiser l’action au plus près des territoires ; massifier par des interventions groupées à l’échelle du quartier ou du bassin de vie ; et viser une offre de services capable, demain, de garantir la performance. Le collectif préconise explicitement qu’un large consensus d’acteurs soit établi avant toute nouvelle programmation.
Les travaux engagés depuis janvier confirment et enrichissent ce diagnostic initial. Le secteur de l’immobilier et du bâtiment traverse une crise profonde qui dépasse largement la seule question du logement. Le diagnostic élaboré collectivement identifie plusieurs ruptures structurelles :
Face à ces constats, le collectif refuse l’opposition stérile entre exigences environnementales et réponse à la crise du logement. La thèse portée par la concertation est claire : l’écologie n’est pas un frein : si elle est ajustée, c’est un véritable accélérateur au service du logement, des territoires et des habitants.
Au-delà du diagnostic, la concertation entend construire un récit collectif positif et mobilisateur, capable de redonner du sens à l’action et d’irriguer le débat démocratique. Ce récit s’articule autour de cinq piliers :
Pour nourrir ce récit de propositions concrètes, la concertation est structurée autour de six groupes de travail thématiques portant respectivement sur les leviers de l’action (décarbonation, ressources, santé), les moyens d’action (rénovation, adaptation, sobriété), le périmètre de l’action (échelle du quartier et du bassin de vie), le financement innovant, la gouvernance et la décentralisation, et enfin la transformation de l’offre de travaux et de services. Un Groupe transversal a pour mission spécifique de construire le récit politique qui donnera cohérence et lisibilité à l’ensemble des propositions. Celles-ci contribueront à la publication du Livre Blanc de la concertation.
Pour enrichir le débat, les acteurs de la filière en région sont également embarqués : grâce à une dizaine de clusters et centres de ressources du Réseau Bâtiment Durable qui les représentent dans cette action, ils participent activement à la concertation. Chacune des thématiques des 6 groupes de travail nationaux est relayée et débattue localement pour être intégrée dans les propositions finales. Ce tour régional est amorcé depuis le début du mois de mai et devrait se dérouler jusqu’à la mi-juin : il donne la voix aux acteurs professionnels locaux dont le rôle est plus que jamais déterminant dans la mise en œuvre des transformations à venir.
La concertation suit un calendrier précis, rythmé par l’ambition politique – au sens large – qui la fonde :
Philippe Pelletier — Président de la mission Plan Bâtiment Durable
La concertation rassemble, au 18 mai 2026, plus de trente organisations représentant l’ensemble de la filière. Leur engagement collectif témoigne d’un consensus inédit autour des enjeux de transformation du parc bâti.